Ce blog recense ce qu'on peut trouver d'intéressant autour des relations humaines à l'ère du numérique. Vous y trouverez une sélection d'articles, des vidéos, le plus grand nombre de ressources possibles. Vous pouvez également vous abonner par email pour recevoir toutes les mises à jour très facilement. C'est un espace de prolongement d'une réflexion initiée par la réunion du 21 mars 2014.
vendredi 1 août 2014
mardi 6 mai 2014
Travailler à distance? Un vrai lien?
On a tous une représentation du bout du monde.
Certains l'envisagent en sortant du boulevard périphérique parisien, d'autres l'imaginent au fin fond de nos campagnes ou encore dans un pays lointain et exotique.
Diane est lycéenne et ce n'est pas un prénom d'emprunt. Elle vit au bout du monde et en parle comme un lieu apaisant et authentique mais elle trouve aussi qu'il n'est pas pratique; il isole et étire à l'infini les temps et les distances qui la séparent des choses, des gens, des services.
Ce n'est pas toujours facile de gérer cet éloignement. En particulier quand on a 17 ans.
Réussir son bac à coup sur?
Diane a un souci en ce moment: elle n'est pas du tout sûre de décrocher son Bac S en juin.
Inutilement inquiète? Peut-être. De mauvaises langues diront que tout le monde a son bac de nos jours. Mais bon, allez expliquer cela à ceux qui l'ont raté et surtout, allez l'expliquer à Diane qui semble avoir une estime d'elle même au ras des pâquerettes.
Inutilement inquiète? Peut-être. De mauvaises langues diront que tout le monde a son bac de nos jours. Mais bon, allez expliquer cela à ceux qui l'ont raté et surtout, allez l'expliquer à Diane qui semble avoir une estime d'elle même au ras des pâquerettes.
Dans un monde parfait, elle aurait bien assimilé ses cours au lycée et si elle n'avait pas été réservée, elle aurait même pu poser plein de questions en classe. Mais voilà, elle n'a pas su exprimer tout cela et ses professeurs bienveillants n'ont pas toujours su déceler ses difficultés. Comme elle est discrète et polie, elle se fait parfois oublier: ça se passe comme ça dans les classes.
La suite en ligne...
dimanche 30 mars 2014
Nouveaux usages numériques: un défi pour les bibliothèques et les bibliothécaires. (Merci à Greg W).
Au cours de la matinée d’étude « Accès aux produits culturels numériques en bibliothèque : économie, enjeux et perspectives », organisée le 15 mai par Bibliomédias avec le soutien de l’Association des bibliothécaires de France et duBulletin des bibliothèques de France (voir l’article de Lionel Maurel dans ce dossier), Dominique Wolton, lors d’une présentation décapante et salutaire, nous a, une nouvelle fois, mis en garde contre les sirènes de la technologie. En simplifiant ses propos, nous retenons qu’il faut replacer l’humain au cœur des échanges, que la technique est un outil et non un objectif. Par ailleurs, il a rappelé que la numérisation en masse, puisque c’était le sujet de la matinée, et l’internet en général, qui permet à tout internaute d’accéder immédiatement à un volume considérable d’informations, constituent à la fois une utopie et une tyrannie. Journalistes et bibliothécaires doivent reprendre les rênes de l’information !
ENJEUX, MENACES, OPPORTUNITÉS
De l’autre côté de l’Atlantique, le Library Journal titrait son numéro du premier mai dernier sur l’« Univers parallèle de l’information 1 ». Mike Eisenberg y énonce ce que sont pour lui les enjeux, les menaces et les opportunités que représentent les mondes virtuels (type Second Life), les réseaux sociaux (type FaceBook ou MySpace), les PDA (type iPod, principalement) pour les professionnels de l’information et pour les bibliothèques. Pour cet enseignant de l’université de l’État de Washington, à Seattle, les bibliothécaires doivent s’appuyer sur ces outils ou plus largement sur les logiques d’usage qu’ils génèrent pour proposer aux usagers, particulièrement aux moins de trente ans, une information de qualité, éventuellement personnalisée qu’ils ne trouvent nulle part, sur le web ou ailleurs (mais ils ne le savent pas !). La suite ici
mercredi 26 mars 2014
La Génération Y, une classe d'âge façonnée par le net, Marie Boëton. (Contribution de Caroline D.)
Marie BOËTON, journaliste à La Croix / Revue ETUDES de juillet-août 2013.
Se
distraire, consommer, s’informer est désormais possible par un simple clic.
Vivre connecté, télécharger de la musique en ligne, faire un exposé à partir de
Wikipédia, poster ses photos sur Facebook, relèvent de l’évidence pour les digital natives. Nés entre le début des
années 80 et le milieu des années 90, les
15-30 ans appartiennent à ce qu’il est désormais convenu d’appeler la
« génération Y ».
Selon
certains, le Y qui se prononce « Why » en anglais et signifie
« pourquoi » renvoie à la remise en cause permanente par les 15-30
ans, des décisions prises par leurs aînés. « Ces
jeunes ont le sentiment d’avoir réponse à tout en ligne. Dès lors, ils ne supportent pas les autorités
autoproclamées. Ils veulent comprendre avant d’apprendre ou d’obéir »
Olivier ROLLOT, spécialiste des questions d’éducation et auteur de « La génération Y » (PUF).
Comment caractériser cette classe d’âge ?
Si les générations précédentes ont été marquées du sceau d’un évènement
historique (2 guerres mondiales, mai 1968…), les digital natives ont été massivement
et durablement façonnés par Internet. .. La génération Y ne se résume,
certes, pas à cela. Elle est marquée par la précarité affective et
professionnelle de ses ainés. Elle se caractérise aussi par une forte défiance
vis-à-vis des institutions. Mais ici nous nous intéresserons à la manière dont
la révolution numérique a façonné cette
classe d’âge.
Le
fait d’être entourés d’écrans et de vivre en permanence collectés au Net a en
effet bouleversé les modes d’apprentissage des 15-30 ans, de même que leur
façon de se socialiser, de se cultiver, de militer, etc.… En quoi l’émergence d‘Internet – que certains
présentent come aussi fondamentale que l’avènement de l’écriture ou
l’apparition de l’imprimerie – fait-elle des digital natives, des élèves, des consommateurs et des citoyens différents ?
Mémoire versus inventivité.
Avoir
un écran pour compagnon de jeu depuis le plus jeune âge, tel est le sort des digital natives. Comment un tel
environnement impacte-t-il le développement cognitif de l’enfant ? Selon
les études de Olivier HOUDE – directeur du Laboratoire de psychologie du
développement et de l’éducation de l’enfant à l’Université Paris-Descartes - ,
« Lorsque les élèves font face à un écran, ce sont souvent les parties
postérieures du cerveau, les parties visuelle et sensorielle – en clair,
l’intelligence élémentaire - qui sont activées…Ainsi les élèves sollicitent
moins le cortex préfrontal, c’est-à-dire le lieu de la synthèse personnelle et
de l’abstraction, mais on peut leur apprendre à la faire ! … D’où le rôle
de l’éducation »
De
leur coté, les enseignants se plaignent surtout de la réflexion fragmentée de leurs élèves. Sur-sollicités, les
adolescents ont tendance à vivre dans
l’instantanéité et éprouvent plus de difficultés à se concentrer. Dans un
ouvrage aussi polémique que commenté,
« Internet rend-il bête ? », le journaliste américain
Nicholas CARR va jusqu’à prédire une baisse du QI des futures générations.
Connectés
en permanence à Internet, les digital
natives renouvellent le rapport au
savoir, eux qui ont réponse à tout en quelques clics sur Wikipédia. Cet
accès à un flot infini d’informations bouleverse
de fait, la mission de l’enseignant. Elle est bien révolue l’époque où ils
étaient les seuls dépositaires du savoir….
« Les
cours magistraux « à
l’ancienne » ne réussissent plus à capter l’attention des élèves. Ces
derniers finissent par devenir très exigeants : ils veulent désormais
faire en cours quelque chose qui n’a pas d’équivalent ailleurs, selon Denis
KAMBOUCHNER, professeur de philosophie à Paris I... Conscients de cette
évolution, certains établissements du
supérieur diminuent par exemple le nombre de cours en amphithéâtre. A
l’université de CERGY-PONTOISE, dans les disciplines scientifiques, les cours
magistraux ont diminué au profit des travaux dirigés, ce qui permet aux
enseignants d’intervenir de façon
individualisée auprès des étudiants. Il ne s’agit plus pour eux de délivrer un
cours – qui peut désormais être mis en ligne – mais de s’adapter au rythme des
élèves, d’aiguiser leur esprit critique, de les amener à remettre en
perspective différents concepts.
Parallèlement,
de plus en plus d’écoles d’ingénieurs et de management organisent leur
scolarité autour de projets.
« Il arrive un moment où les étudiants prennent acte des compétences qui
leur manquent pour mener à terme ces projets : c’est à ce stade que
l’enseignant intervient et leur dispense le savoir qui leur fait défaut. On
assiste alors à une inversion de la charge de la preuve : c’est à
l’enseignant de démontrer son utilité » (Olivier ROLLOT).
L’idée
même d’acquisition de connaissances se trouve remise en question par les
nouvelles technologies. En effet, pourquoi apprendre, pourquoi mémoriser si le NET se souvient de tout pour nous ?
Si nous sommes tous dotés de ce vaste disque dur externe qu’est Internet,
pourquoi ne pas plutôt consacrer tout son temps à la création ? Les
adolescents sont les premiers à vouloir se décharger des tâches répétitives de
mémorisation et laisser libre cours à leur inventivité. C’est le sens du propos
de Michel SERRES, auteur de Petite
Poucette, ouvrage dans lequel il
analyse le bouleversement provoqué par l’accès généralisé au savoir. « On
a le cerveau vide, mais le vide du cerveau peur être libérateur… Il nous a
rendus disponibles pour de nouveaux usages. Nous pouvons enfin nous concentrer
sur l’intelligence inventive ».
Tous
ne nourrissent pas le même optimisme. Pour Denis KAMBOUCHNER : « Il est illusoire de croire qu’il
suffit d’avoir accès au savoir pour savoir. Pour bénéficier de la richesse des
informations disponibles sur le Net, encore faut-il avoir déjà en soi des structures
intellectuelles prêtes à les réceptionner et à les remettre en question ».
Faute de quoi, les jeunes générations risquent de rencontrer de réelles difficultés à raisonner par elles-mêmes.
Vers une « cyber
socialisation »
Si les 15-30 ans
apprennent différemment, ils se socialisent différemment, ou plutôt ils se
cyber socialisent. Les amitiés continuent de se nouer en milieu scolaire, mais
elles se prolongent désormais en ligne sur les « chats », les réseaux
sociaux ou via les blogs. Les digital natives
développent une véritable identité
numérique. « Il s’agit pour eux d’être populaires : à la
fois assez proches des autres pour être accepté et suffisamment singulier pour être respecté », selon Olivier
ROLLOT. Certains jeunes se racontent dans les moindres détails, d’autres se
contentent de livrer leur humeur du jour, d’autres encore postent en ligne
leurs vidéos et leurs musiques favorites, montrant ainsi à quelle tribu ils se
rattachent. « L’utilisation des réseaux numériques incite au dévoilement de sa subjectivité et à une
certaine mise en scène de soi-même » (Monique DAGNAUD). Dans son livre
« Génération Y », elle
précise : « Blogs et réseaux sont très éloignés de l’exploration
intérieure conduite dans les Journaux Intimes ; les jeunes y travaillent
davantage une projection de soi
qu’une recherche d’explication de soi ; plus précisément, la réflexivité
demeure mais l’internaute ne perd jamais à l’esprit que sa subjectivité va être
publicisée et qu’elle doit être affinée sous un angle original. Cette communication est donc en
partie calculée ».
Lees
réseaux sociaux se trouvent eu cœur
de cette écologie numérique. Et tout particulièrement le site américain
Facebook, devenu le lieu d’expression privilégié des jeunes générations. Etant avant tout un lieu d’échange et de
partage, il permet aussi d’afficher son capital relationnel en diffusant sa
liste d’amis (120 en moyenne).
On
aurait tort de voir dans cette « cyber sociabilité » une duplication
des relations sociales nouées dans la « vraie » vie. Les échanges en
ligne obéissent à d’autres codes
communicationnels. Les internautes s’épanchent souvent beaucoup plus
facilement qu’ils ne le font de visu.
Pour des adolescents parfois mal à l’aise avec leur corps, Internet est devenu
dans certains cas, un canal d’expression
idéal. Non sans risque. Car si l’humour, l’hilarité et l’autodérision (le
fameux esprit LOL –laughiing out loud, rire à gorge
déployée) caractérisent les 15-30 ans, la moquerie tient une place de choix
dans la culture jeune.
Certains
éprouvent une véritable excitation à l’idée de tourner autrui en dérision. Les
plus malveillants peuvent se montrer particulièrement cruels. Leur jeu
favori : repérer une victime en ligne, récupérer ses coordonnées
personnelles, les diffuser sur la Toile et inciter ensuite les internautes à
lui rendre la vie impossible. Confer l’affaire Jessi SLAUGHTER : en 2010,
cette adolescente américaine volontiers mythomane, déclare en ligne avoir une
relation amoureuse avec une jeune rock star. Ses propos sont immédiatement
tournés en dérision. Après avoir crûment insulté ses détracteurs, la jeune
fille se trouve victime d’une terrible vengeance des internautes. Son adresse
est diffusée sur le Net. Les internautes lui font livrer des milliers de
pizzas, à charge pour elle de payer les additions. Ils décident ensuite de
faire passer son adresse pour un lieu de prostitution. La police a dû placer sa
famille et l’adolescente sous protection pendant quelques mois.
« L’effet de groupe et l’anonymat
inhérents au Net encouragent la
transgression. C’est un peu comme s’il délivrait de tous les codes sociaux.
Par ailleurs, le fait de ne pas connaître la victime incite encore plus à la
désinvolture » (Monique DAGNAUD).
Peut-être
est-ce cette même désinvolture qui amène les digital natives à dévoiler leur intimité en ligne. Les chiffres
parlent d’eux-mêmes : 82 % des 18-24 ans mettent en ligne leur date de
naissance et 85 % leur identité, 7086 % y déposent des photos et 5 % vont
jusqu’à indiquer leurs orientation sexuelles (enquête IFOP – 2010). Les murs
servaient à délimiter et à protéger la vie privée de chacun ; le
« Wall » de Facebook permet désormais de se donner à voir. Etonnant
glissement sémantique !
Alors
que la CNIL mène une veille scrupuleuse pour empêcher tout fichage abusif des
citoyens, les digital natives se
dévoilent chaque jour un peu plus. Ils semblent ignorer qu’un jour leur futur
patron « googelisera » leur nom avant de les recruter. Ils oublient
aussi que les marketeurs se repaissent du flot de renseignements déversés
quotidiennement en ligne.
Les
15-30 ans finiront-ils par prendre la mesure des risques qu’il y a à exposer
ainsi leur vie privée ? Sans doute. Mais reste à savoir quand. En
attendant une telle prise de conscience, certains réclament la mise en place
d’un droit à l’oubli sur le Net, et
tout particulièrement au profit des adolescents. Le Défenseur des Droits,
Dominique BAUDIS, souhaite au nom de la protection de l’enfance, que les
internautes puissent faire disparaître des réseaux toutes les informations
personnelles, mises en ligne lorsqu’ils étaient mineurs. La Commission
européenne va dans ce sens ; les réseaux sociaux y sont pour l’heure
farouchement opposés. Les parents des premiers concernés semblent étrangement
en retrait sur ce sujet pourtant décisif. En réalité, la plupart d’entre eux se
savent dépassés par leur progéniture sur le plan technologique. Plus grave, ils
ignorent souvent l’usage que les plus jeunes font du Net.
Il
faut reconnaître qu’en l’espace de 20 ans, la vie familiale a connu de profonds
bouleversements. Le temps passé en
famille n’est plus un temps vécu avec la famille. Chacun vaque à ses
centres d’intérêt. Il y a une vingtaine d’années, les adolescents regardaient
la télévision dans le salon et monopolisaient la ligne téléphonique du foyer
pour discuter entre amis. La donne a radicalement changé depuis : les digital natives téléchargent des films
et les visionnent sur leur ordinateur personnel. Ils passent leur temps à
échanger des SMS, au fond de leur chambre. Résultat : le pourvoir de
filtrage des parents a fini par disparaître. La socialisation verticale (entre
parents et enfants a progressivement été
supplantée par la socialisation
horizontale (entre membres d’une même génération). Les « pairs »
jouent désormais un rôle prépondérant… au détriment des pères.
Les
parents ne semblent pas s’en offusquer. Tout d’abord, parce que
l’épanouissement de leurs petits prime sur le reste. Ensuite, parce qu’ils
culpabilisent eux-mêmes de rentrer tard du travail ou d’imposer une garde alternée
à leurs rejetons après un divorce. En clair, ils ne se sentent pas en position
de force pour rejeter l’usage que leur progéniture fait du Net. De surcroit,
pour Olivier ROLLOT, la plupart des adultes refusent délibérément de s’immiscer
dans l’intimité de leurs enfants. « S’ils leur laissent autant de liberté,
c’est aussi parce que, consciemment ou non,
ils ne sont pas certains de posséder les codes du monde à venir.
Ils ne veulent pas leur inculquer des vérités qui risquent d’être
bientôt dépassées ».
« On ne vole pas, on partage ! »
C’est
sans doute dans la sphère des loisirs
que les digital natives et leurs
ainés peinent le plus à se retrouver. Un monde sépare les 2 générations, les
« enfants d’Internet » et les « enfants de la télé ». Ces
derniers continuent à plébisciter le petit écran quand les plus jeunes optent
pour les films téléchargés et les séries en « streaming ». « Les
15-30 ans ont du mal à se plier aux règles de la télévision qui imposent d’être
disponibles tel jour à telle heure pour regarder un programme. Ces jeunes
tiennent à avoir une plus grande maitrise de leur temps libre » (Olivier
DONNAT, sociologue)
Internet
bouleverse-t-il en profondeur les pratiques culturelles ? A-t-il fait
émerger une culture générationnelle dépassant l’appartenance de classe ?
Pas réellement. « Les usages d’Internet ont pris place dans des univers
culturels qui préexistaient, sans modifier les centres d’intérêt »
(Olivier DONNAT). En clair, on va chercher sur Internet, ce que notre milieu
socioculturel nous prédestine à aimer.
Internet
a en revanche considérablement boosté la
créativité. 74% des 15-20 ans ont une activité d’autoproduction sur
ordinateur (photos, blogs, production de vidéos ou de musique). On ne peut pas
parler d’œuvres au sens strict. La plupart des jeunes se contentent en effet de
détourner des vidéos existantes pour les pasticher. Seule une minorité met en
ligne des productions plutôt abouties dans l’espoir de gagner une petite
notoriété. « Le Net stimule les expressions artistiques et rend poreuses
les frontières entre la pratique artistique du pur loisir et la mobilisation
d’un réseau en vue d’une carrière » (Monique DAGNAUD). Les techniques de
numérisation – peu couteuses – et la généralisation de l’accès au Net ont
radicalement démocratise la production et la distribution de contenus
culturels. Résultat : la frontière entre amateurs et professionnels s’est
progressivement brouillée, tout comme celle qui opposait consommateurs et
producteurs de biens culturels.
A
force de diffuser gratuitement en ligne leur propre production, les digital natives ne voient pas la
nécessité de rémunérer celle des autres. Ils s’adonnent d’ailleurs massivement
au téléchargement illégal. 57% des
18-24 ans piratent de la musique (contre 18 % pour l’ensemble des Internautes).
Près de 42% des 18-24 ans font de même avec les films (contre 13ù pour le reste
de la population. Et ils ne semblent pas éprouver la moindre culpabilité.
« On ne vole pas, on partage ». Le fait d’avoir fait perdre au
secteur musical la moitié de son chiffre d’affaires ne les émeut guère.
Consciemment ou non, les digital natives
militent pour que les biens culturels deviennent des biens publics.
Ils
culpabilisent d’autant moins que ces biens sont totalement immatériels et
immédiatement accessibles. Partir d’un magasin avec un DVD sous le bras est
considéré comme du vol, mais avec lé
téléchargement, c’est différent ! Le fait que tout se passe en quelques
clics rend ce vol presque virtuel à leurs yeux.
En
répétant « on ne vole pas, on partage », les 15-30 ans font preuve de
mauvaise foi et ils le savent… On aurait tort toutefois de nier leur appétence sincère pour le partage. En
témoigne leur engouement pour la colocation, le covoiturage, le coachsurfing…
« Ils plébiscitent les sites de location de voitures, d’outils et même de
vêtements de marque. A leurs yeux, tous
ces biens doivent circuler. Ils consentent à dépenser de l’argent pour des
expériences immatérielles, comme les voyages, mais achètent de moins en moins
des biens matériels, susceptibles d’être échangés ou partagés » (Olivier
ROLLOT). … Partager plus que posséder, tel serait le leitmotiv des 15-30 ans….
Reste à long terme, deux inconnues. Cette propension au partage
perdurera-t-elle au fil des temps ? Car, ne soyons pas dupes, elle
s’explique aussi du fait de leur pourvoir d’achat limité. Qu’en sera-t-il dans
quelques années, lorsque l’embourgeoisement aura fait son œuvre et lorsque
l’apparition du confort matériel se fera
davantage sentir ? Le partage restera-t-il l’un des marqueurs sociaux de
cette génération ? A voir.
La
question se posera de façon d’autant plus aiguë que les 15-30 ans aspireront
eux aussi, un jour, en tant que salariés, à être rémunérés en échange du
travail produit. Ces deux exigences
(partage, d’un coté, et rémunération, de l’autre) semblent, dans le
système économique actuel, difficilement conciliables.
Seul mot d’ordre : le pragmatisme.
Sur
le terrain politique, les 15-30 ans surprennent aussi. A la différence de leurs ainés, la génération
Y ne défile pas, n’est pas guettée par la tentation d’un
« grand soir », ni tentée par un look rebelle… »Elle porte
indéniablement en elle de nouvelles valeurs, et donc une nouvelle société, mais
sans que cela passe par un quelconque esprit de révolte » (olivier ROLLOT)
Les 15-30 ans sont distants et circonspects vis-à-vis des grands discours
idéologiques, des luttes syndicales et plus largement vis-à-vis des
institutions. Une partie d’entre eux s’avère même franchement désabusée. Seuls
14% des 16-29 ans disent attendre quelque chose de la part du gouvernement, et
9% de la part des partis politiques.
« Désenchantée »
disent certains, « lucides » nuanceront d’autres. La génération Y
peine en tout cas à croire à quoi que ce soit. Le contexte certes ne porte pas
à l’optimisme. Contrairement au discours officiel qui leur est tenu depuis le
plus jeune âge, Les 15-30 ans découvrent avec amertume que l’obtention d’un
diplôme n’immunise pas contre le chômage, ni contre le déclassement social…. Au
plan collectif, les raisons d’espérer se font rares. La soi-disant « fin
de l’histoire » inaugurée par la chute du Mur de Berlin se révèle plus
chaotique d’annoncée : ni la crise du capitalisme mondialisé, ni la montée
de la xénophobie ne semblent pouvoir être enrayées. Autant de désillusions qui renforcent la défiance des plus jeunes
vis-à-vis de leurs aînés, de l’école, de la classe politique et vis-à-vis des
élites en général.
En
conclure que la génération Y se détourne de la chose publique serait pourtant
hâtif. Les 15-30 ans s’impliquent dans la vie de la cité, mais différemment.
Leur mot d’ordre : le pragmatisme.
Ils ne croient qu’en ce qui marche et optent pour des projets ponctuels, des actions aux effets immédiats.
Passés
maitres dans l’art du buzz, du happening, voire du hacking, les digital natives renouvellent totalement
la façon de se mobiliser. Ils boudent les bureaux de vote, mais font preuve
d’une énergie et d’une créativité incroyables sur les réseaux sociaux. Le
succès des manifestations des « Indignés », celle du collectif
« Occupy Wall Street » ou les impressionnantes opérations lancées par
les « Anonymous » en attestent. Les capacités d’auto organisation des
Internautes fonctionnent, sans qu’il soit besoin de se doter d’un chef
emblématique pour exister politiquement.
Reste
à savoir si ce type d’action se substituera à terme aux partis classiques. « Le Net est un outil idéal pour
organiser un mouvement de réaction, mais construire un projet politique suppose
aussi un engagement réflexif et une présence au long cours » (Monique
DAGNAUD). En clair, les digital natives
excellent quand il s’agit de dénoncer,
mais cela ne suffit pas à changer la donne politique. Apprendront-ils à
articuler dénonciation et construction d’un nouveau modèle de société ?
Ce
n’est là qu’une des nombreuses interrogations en suspens. Quel sera le devenir
des 15-30 ans ? Quels salariés, quels parents, quels couples
seront-ils ? Comment évolueront-ils avec la maturité ? Réponses dans
quelques décennies.
Ce qui est sûr, c’est qu’avec Internet, l’esprit critique des jeunes
générations s’est considérablement aiguisé, affiné et amplifié. Ils se vantent
de ne pas être dupes des slogans politiques, des discours formatés des
dirigeants d’entreprises, des messages publicitaires. Ils aiment traquer les
doubles discours (voire les contradictions) des personnalités en vue.Si cette
lucidité peut être saluée chez des jeunes (aux quels on a tendance à reprocher
l’immaturité), il ne faudrait pas qu’elle se meuve en méfiance systématique et
qu’elle mine la confiance et l’espoir et l’assurance pour permettre de se
construire… La jeune génération
saura-t-elle conserver l’esprit critique qui la caractérise sans verser dans un
cynisme stérile ? Tel est le principal risque qui la guette.
lundi 24 mars 2014
Gober les Moocs?
Petite start-up deviendra grande. Ce qui n’était qu’un projet académique, Coursera, est devenu en à peine un an un business dynamique, d’envergure mondiale et à la croissance exponentielle, bref un de ces success stories à l’américaine dont la presse enthousiaste, abandonnant toute lucidité ou tout recul critique, s’empare avec gourmandise.
Les moocs, ces cours du futur, font rêver. Finis les vieilles universités aux murs défraîchis, les professeurs soporifiques, les amphithéâtres pleins à craquer et le vieux modèle « présentiel » : vive la modernité sur écran plat, l’université à haut débit et mondialisée, bref l’école enfin dématérialisée et ramenée à son essence de pur apprentissage.
La presse est à ce point dithyrambique avec ces pionniers du Far Web, cette révolution de l’enseignement, cette explosion des inscriptions, ce modèle d’excellence et en même temps de gratuité au service d’une démocratisation éducative à l’échelle du village global, que Coursera n’a guère besoin de publicité et se contente de recenser sur son site les articles les plus flatteurs.
Le pari des moocmakers
Que sont donc les moocs ? Nés aux États-Unis aux alentours de 2010, les moocs (massive online open courses) se définissent d’abord par leur public : sans restriction d’aucune sorte puisque ouverts à tous et sans limite physique puisqu’en ligne (même si matériel informatique et connexion Internet restent nécessaires), les moocs s’adressent à des publics d’une échelle jusqu’ici inconnue, un cours pouvant être suivi par des dizaines de milliers de personnes à travers le monde, voire davantage.
Les moocs se caractérisent ensuite par un enseignement entièrement dématérialisé, sans lieu physique ni relation humaine directe, à travers une plate-forme en ligne proposant des cours de niveau universitaire, fournis contre rémunération par les universités les plus prestigieuses, des vidéos et autres ressources pédagogiques, des forums de discussion, où les étudiants échangent et s’évaluent entre eux, et enfin des questionnaires en ligne : d’un point de vue technique, rien de bien révolutionnaire, en somme.
Les moocs présentent néanmoins une radicalisation de l’enseignement en ligne : le président de Stanford, John L. Hennessy, n’a-t-il pas prédit l’an passé la mort des salles de classe ? Il ne s’agit plus seulement d’apporter un complément aux cours dans les universités, mais – et malgré des dénégations prudentes – de les remplacer tout simplement, et cela avantageusement, bien entendu.
Reste à savoir à qui profitera cet avantage. La suite ici.
dimanche 23 mars 2014
Mise à jour par mail, correction de bug.
Bonjour, je viens de corriger un bug surprenant. La souscription aux emails de mise à jour renvoyait à l'ancien blog "Culture générale en BTS". il est préférable de souscrire à nouveau, vous ne recevrez aucune mise à jour d'un blog qui n'existe plus. Le lien qui active définitivement la souscription atterrit très souvent dans les courriers indésirables, il vaut mieux vérifier. Le message initial, en anglais, émane de Feedburner EMail Subscription. Il suffit de cliquer sur le lien. ;)
samedi 22 mars 2014
Trendsetter, influenceur, pourquoi les réseaux sociaux donnent-il aux adolescents de fortes envies de consommation...
MAIS AU JUSTE, QU’EST CE QU’UN INFLUENCEUR ? ET POURQUOI LES MARQUES DOIVENT-ELLES BEL ET BIEN MISER SUR EUX ? LES INFLUENCEURS SONT DES AMBASSADEURS D’UN NOUVEAU GENRE, CONNECTÉS BIEN SUR ! PARCE QU’ÉVIDEMMENT POUR ÊTRE INFLUENCEUR, IL FAUT ÊTRE EN PLACE ET DANS LA PLACE. ET LA PLACE, VOUS L’AUREZ COMPRIS, CE SONT LES RÉSEAUX SOCIAUX.
- L‘écho ou la capacité de faire bouger les opinions et créer des réactions sur
des sujets précis
- L’exposition
ou le potentiel d’audience sur une thématique
- La
part de voix ou le niveau de participation dans la conversation sur un sujet
donné.
Pourquoi
les marques ne peuvent plus se passer des influenceurs ?
La
réponse est simple. Les influenceurs (pour la plupart) ne sont pas des
journalistes mais bien des consommateurs comme les autres. Si ils ne vérifient
pas comme les journalistes les informations que les marques peuvent leur
transmettre, leur parole est pourtant plus crédible. Ils sont jugés par les
cibles acheteuses comme leurs pairs. Alors tout bonnement, on les écoute, on
converse avec eux, on suit leurs recommandations. Plusieurs indications
permettront aux marques de mesurer les retombées de leurs
investissements :
-le
nombre de mentions dans les média sociaux et les blogs
-le
nombre de partage de leurs contenus
-et
bien sûr, l’augmentation de leur trafic web
Très
clairement, le marketing d’influence prend de plus en plus de place
dans les stratégies de communication des marques. Mais attention, pour être
performant, le marketing d’influence doit respecter un certain nombre de règles
et de règles digitales. Il ne s’agit pas là de penser RP, communication ou
marketing. Il devient nécessaire de miser sur des approches plus globales,
expérientielles, fortes en contenus, il devient nécessaire de mettre en place
des stratégies d’amplification dont le marketing d’influence fait partie.
(Texte: C'est comme une agence, agence de publicité "connectée"...)
Conversation, conversations...
Merci à tous pour l'accueil réservé hier soir et les passionnantes discussions qui ont suivi. Avec les responsables de l'APEL, nous avons assez longuement discuté de la conversation sous ses formes modernes et nous nous demandions quelle place elle avait dans le monde connecté...Quelques aperçus, quelques idées, ici...
"Charmante mais difficile escrime" ! ainsi Guy de Maupassant définissait-il l'exercice de la conversation. Tout un art, dont il a été question ce mardi 16 avril 2013 au Mona Bismarck American Center for art & culture, à Paris.
Car au XXIème siècle, c'est sur du beau parquet, entre grands miroirs, cheminée d'époque et fauteuils capitonnés, que certains ont voulu s'inscrire dans une longue tradition d'un art de la conversation à la française. L'occasion d'interroger la place des échanges oratoires dans nos quotidiens étourdis par Internet et son convoi de nouvelles technologies.
Pour autant, Emmanuel Godo (auteur d'une histoire de la conversation, Lillois et ancien professeur au lycée Pasteur d'Hénin Beaumont...) regrette que ces imaginaires salonniers fassent de la conversation un exercice "un peu écrasant", et se dit peiné par les discours nostalgiques qui lui sont associés : "Cela me paraît un peu réducteur, car il me semble que toute époque rêve la conversation, toute époque a un désir de conversation, et la nôtre comme toutes les autres. La conversation n’est pas derrière nous, elle est devant, comme un horizon, et je trouve ça très stimulant."
Quatrième de couverture du livre; La conversation, «cette charmante mais difficile escrime» dit Maupassant, est à la fois ténue et essentielle. Fascinante, elle oscille entre le vide du babillage et l'ambition la plus noble - celle d'établir, entre les êtres, une relation parfaite, toute de distance respectueuse et de proximité/ sensible, d'attention et de légèreté, de sérieux et de désinvolture. C'est pourquoi la littérature ne cesse, depuis l'Antiquité, de la courtiser. Extraordinaire et discret contre-pouvoir, la conversation s'élève parfois, avec une modestie qui lui coûte d'être considérée comme insignifiante, vers les plus hautes espérances: celles de voir s'accomplir, entre les hommes, cette communauté qu'on dit introuvable.De Platon à Proust, de Montaigne à Sarraute, de Plutarque à Lydie Salvayre, ce livre retrace, pour la première fois, l'histoire de la conversation, cet art de parler et de vivre qui souvent sombre dans la mondanité vaine mais qui parfois se fait, accord musical, dévoilement confiant, utopie entrouverte des visages radieux.
vendredi 21 mars 2014
Les Moocs déjà des difficultés, de 56 à 76 % d'abandons.
Université de San José...
Les massive online open courses, cours en ligne... ça ne marche pas sans accompagnement humain...
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La E réputation...
Elle est brune, classe et lasse. Dans un café parisien, elle raconte, sous couvert d'anonymat, ce qui lui pourrit la vie depuis huit ans : un blog ! Sophie (appelons-la ainsi) avait 20 ans à l'époque et revenait d'un camp de jeunes. Pour continuer la fête, l'un d'eux crée un blog, où chacun met ses commentaires. Au fil des semaines, le ton bascule, les allusions salaces se multiplient. « Quand je tapais mon nom sur Google, ce blog apparaissait en premier avec ces commentaires. Cela me mettait mal à l'aise. Du coup, j'ai fait l'autruche, je n'ai plus regardé... » Des années passent. Un jour, un client de la banque où Sophie travaille lui conseille de « googliser » à nouveau son nom. La jeune femme, stupéfaite, découvre que le ton du blog a durci : en première ligne, elle voit, assorti d'invectives, « Sophie L. brise les couples de ses copines en allant rejoindre leurs mecs à l'autre bout du monde. » Ce n'est plus un ex-copain de camp qui écrit, mais un anonyme : « Entre deux inventions dégueulasses, il donnait des renseignements sur ma vie d'adulte – séparation avec mon copain, etc. ! Je me suis sentie salie, épiée, insultée. Qui, dans mon entourage, pouvait me haïr à ce point ? Je travaille en open space, j'avais des soupçons. A chaque fois que je rencontrais quelqu'un, je me demandais s'il avait vu. Aujourd'hui, tout le monde "googlise" tout le monde. » La suite ici.
L'addiction aux jeux? Complexe et marginale selon Tristan Vey.
Les spécialistes préfèrent
parler de «jeu excessif» ou d' «usage abusif» plutôt que de dépendance. Seuls
les jeux en ligne recréant de véritables univers parallèles peuvent mener à des
comportements pathologiques, en particulier chez les jeunes.
Peut-on
devenir accro aux jeux vidéo? Le comportement de personnes qui passent parfois
plus de dix heures par jour devant leur écran à triturer manette ou clavier
pourrait le laisser croire. Toutefois, à l'occasion d'un séminaire sur
l'addiction et la régulation dans le monde des jeux vidéos organisé par le Centre d'analyse
stratégique, médecins et chercheurs spécialisés du domaine ont été
unanimes: les cas de jeu excessif sont rares et ne relèvent pas, quelle que
soit sa définition, de l'addiction. Ni l'American psychatric association, ni
l'OMS ne font d'ailleurs référence pour le moment à une quelconque «dépendance
au virtuel», contrairement à ce que l'on pourrait penser en parcourant les
médias. Cette notion d'addiction, très complexe, ne relève toujours pas d'un
consensus scientifique. Le débat autour de ce sujet est donc très riche.
Mark
Griffiths, professeur de psychologie à l'université de Nottingham et grand
spécialiste mondial du sujet, est un des premiers à avoir tenté de définir en
2007 six critères objectifs afin de caractériser cette addiction particulière:
prépondérance de l'activité, modification de l'humeur, repli sur soi,
génération de conflits, phénomène de rechute, augmentation irrésistible du
temps consacré au jeu. Sa définition, commode et intuitive, a l'avantage de
permettre des statistiques. Au cours d'une étude rassemblant plus de 7000
joueurs réguliers, des jeunes pour la plupart, le chercheur anglais n'en a
toutefois trouvé aucun remplissant l'intégralité de ces six critères. Parmi ces
joueurs à risque, seuls 12% présentaient au moins trois de ces «symptômes».
Le chef du
service de toxicomanie de l'hôpital Marmottan, Marc Valleur, privilégie de son
côté une définition clinique de l'addiction basée sur l'incapacité du patient à
réduire volontairement sa consommation alors qu'il le souhaite. Celle-ci ne
s'oppose pas frontalement aux vues de Griffiths, mais offre une approche
complémentaire:
En dépit de l'absence de
données épidémiologiques, un profil du joueur abusif se dégage des observations
cliniques. Bien que les éditeurs de jeux vidéo n'aient de cesse de rappeler, à
juste titre, que les femmes jouent de plus en plus
et que l'âge moyen des joueurs est en constante augmentation, Marc Valleur
constate en effet que sur les 247 personnes reçues en consultation à Marmottan
depuis 2004 parce qu'elles voulaient réduire leur consommation de jeux vidéo,
237 étaient des adolescents ou de jeunes adultes mâles. Par ailleurs, la
quasi-totalité des usages pathologiques avérés sont liés à un seul titre: World
of Warcraft (WoW). Ce jeu en ligne est un univers virtuel dans lequel des
millions de joueurs participent simultanément, sous les traits de leur avatar,
une véritable seconde vie. Sa popularité et son potentiel addictif viennent de
là. Le danger représenté par ce type de jeu ne doit pas faire condamner par
avance les milliers d'autres jeux «inoffensifs» existants, préviennent
unanimement les spécialistes.
Marc Valleur n'est d'ailleurs
pas alarmiste. D'après lui, les 247 cas extrêmes reçus à Marmottan ne sont pas
grand chose au regard des centaines de milliers de joueurs français enregistrés
sur WoW et des nombreuses sollicitations de
parents inquiets. Il serait pour cette raison erroné de dire que les
adolescents font face, dans leur ensemble, à un péril ludique comme cela est
souvent suggéré. Le constat est appuyé par Serge Tisseron, psychiatre,
psychanalyste et docteur en psychologie, spécialisé dans les nouvelles
technologies. Ce dernier a constaté que le temps de jeu qui augmente au cours de l'adolescence,
diminue peu après et se trouve considérablement réduit au moment du passage aux
études supérieures ou à l'entrée dans la vie active.
Les
neuroscientifiques ont par ailleurs montré ces dernières années que la capacité
des adultes à résister à leurs impulsions est un mécanisme neuronal qui se
construit pendant l'adolescence, explique Serge Tisseron. L'incapacité de
l'adolescent à s'empêcher de jouer ne révèle donc pas une addiction à
proprement parler:
L'un des
plus célèbres créateurs de jeu français, David Cage, rappelle lui aussi qu'il
ne faut pas confondre cause et effet. L'usage abusif «n'est pas un problème du
jeu vidéo, mais un problème de l'adolescence, dont le jeu est une conséquence».
Mark Griffiths va encore un peu plus loin en rappelant que l'aspect chronophage
du jeu n'est pas forcément négatif. «J'ai vu des jeunes qui m'ont dit préférer
passer 4 à 5 heures par jour à jouer plutôt que de boire ou de se droguer.» Une
manière provocatrice de rappeler que les bénéfices sociaux du jeu vidéo sont
peut-être plus importants que ses dangers. Même si ces derniers polarisent plus
souvent l'attention.
Soin de soi dans l'environnement numérique
L'infosphère constitue notre nouvel environnement existentiel. Elle est le médiateur des interactions avec le monde, « derrière » les systèmes sensoriel et moteur. Pour parler avec un autre humain j'utilise des organes naturels, ceux de la voix et de l'ouïe, éventuellement complétés par la vue, les comportements gestuels produits et perçus, etc. Mais cette sphère de médiation avec le monde et les autres intègre maintenant un lien numérique, via un micro et un clavier, un écran, et de nombreux objets numériques intermédiaires. Même la conversation "présentielle" (dans la vie réelle) est médiatisée par l'infosphère, car c'est le plus souvent par la mise en contact de nos infosphères que nous avons organisé la rencontre "physique" qui nous permet de discuter, et cette conversation aura probablement des suites dans l'infosphère : un sms de remerciement, un mail de suite pour avancer sur un projet, une actualisation sur un réseau socionumérique, ou l'organisation dans l'infosphère d'une autre rencontre dans le monde physique. La proximité des autres, et notamment de ceux qui nous sont chers ou importants, à quelque titre que ce soit, est médiatisée par l'infosphère. La proximité vécue dans et par l'infosphère est profondément humaine. La suite ici.
Espionner son enfant?
Plus on interdit, plus l’autre veut franchir cet interdit. C’est logique. Au lieu d’interdire son indépendance croissante, créez un lien concret avec votre enfant. Prévenez le des dangers de l’Internet, car ils existent. Mais faites lui confiance ! Il peut également apprendre en faisant des erreurs. Il faut instaurer un climat de confiance pour que l’enfant vienne vous parler en cas de problème.
Des remparts contre la dérive
Il est nécessaire d’instaurer un cadre : pas de photos dénudées, pas de propos racistes, pas d’insultes. Comme dans la "vraie vie" finalement. On respecte les usagers de Facebook comme on respecte les gens au quotidien dans la société. Dites lui que vous connaissez l’existence de son profil sur Facebook, que vous lui faites confiance et que vous êtes à sa disposition s’il en ressent le besoin. Discutez, par exemple, des faits d’actualités liés à Internet.
Récemment, il y a eu le suicide d’une jeune fille de 15 ans, au Canada, Amanda Todd. Elle était harcelée quotidiennement sur Internet depuis 3 ans à cause d’une "erreur" commise à ses débuts sur Facebook, une photo dénudée envoyée à un inconnu qui lui faisait du chantage. Personne n’est venu à son secours malgré de nombreux appels au secours. Par contre, sa vidéo d’adieu/suicide a été consultée 9 millions de fois... Cherchez l’erreur.
L’adulte doit toujours être présent pour l’enfant en cas de problème. Il doit garder sa place de parent, de poseur de limites, de conseiller et en aucun cas devenir un ami, qu’il soit virtuel ou non ! Mais surtout, il ne doit jamais se transformer en "flic" à l’insu de l’enfant, sinon, c’est au risque de provoquer un divorce enfant/parent, aux conséquences parfois très graves.
Première à la fac de médecine de Lille: 600 étudiants planchent sur tablette tactile!
« Ceux qui ne sont pas connectés, levez la main ! », risque un surveillant. Il est presque 15h. Dans quelques instants, il va falloir plancher sur trois études de cas et un questionnaire à choix multiples (QCM), entre neurologie et neurochirurgie. Mais la priorité des futurs praticiens n’est pas de savoir si la cartouche d’encre de leur stylo-plume est bien remplie, mais si la connexion de leur tablette numérique est bien établie. Pas à internet bien sûr, mais à un serveur sécurisé qui va leur délivrer, dès le top départ, des épreuves à faire défiler du bout des doigts, sur l’écran tactile.
« On est de cette génération-là, confirme sereinement Julie, 20 ans, juste avant de plonger dans l’effort pendant deux heures et quart. Ça ne provoque ni inquiétude, ni stress supplémentaire. » « C’est même plutôt agréable », poursuit Vincent, 21 ans, son proche voisin. Surtout que ces partiels version 2014 fonctionnent déjà ainsi depuis lundi : cardiologie, endocrinologie, nutrition, gynécologie, obstétrique… et neurologie ce jeudi. «Pour les études de cas, on leur propose un récit, une histoire, explique le professeur Dominique Lacroix, vice-doyen, chargé de la pédagogie. Il leur faut analyser des symptômes, on les amène à un diagnostic, qu’il faut confirmer, qui doit déboucher sur un traitement, un pronostic… Comme dans la vraie vie. » Suite ICI.
E Reputation, Manager la réputation à l'heure du digital.
La e-reputation consiste à gérer la réputation de son identité ou de sa marque sur Internet, que l'on soit une entreprise, une organisation ou un individu. Tout forme d'organisation privée ou publique qui acquiert une certaine notoriété dispose d'un actif réputationnel qui peut générer de la valeur. Le concept de réputation est antérieur à l'émergence d'Internet, mais le développement du web social lui donne une dimension nouvelle en proposant de nombreux espaces où les internautes peuvent exprimer leur opinion. Ces expressions multiples et référencées créent des images qui elles-mêmes constituent la ou les réputations de la marque. Illustré de nombreux exemple, cet ouvrage donne des clés pour comprendre comment se crée ou se détériore l'actif réputationnel, pour évaluer la réputation de sa marque et la gérer, pour anticiper les risques réputationnels et connaître les outils et les méthodes disponibles pour manager sa répuation.
Sommaire Introduction : La réputation à l’heure du digital. Les facteurs contribuant à l’évolution de la gestion de la réputation. Les systèmes de réputation. Les acteurs de l’e-reputation. L’évaluation de l’e-reputation. L’impact du digital sur les risques. La gestion de l’e-reputation (produit, people, corporate). L’impact du digital sur la gestion de crise. Conclusion et perspective
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